La pratique en arts visuels de Laurie Girard se manifeste principalement par la rencontre du dessin traditionnel et des procédés numériques actuels. Par la répétition, l’addition et la soustraction de motifs « fait main » numérisés et de textures virtuelles créées à partir d’outils technologiques, elle réalise des ensembles graphiques complexes qui résultent de l’accumulation de gestes qui rappellent ceux d’une machine.

L’artiste manipule les images par couches successives, comme des cellules qui prennent vie et qui se multiplient pour ensuite se fondre et se métamorphoser en une réalité nouvelle. Les motifs qu’elle crée sur mesure découlent d’éléments souvent réels, comme des figures humaines ou des objets, ou encore de formes abstraites et de concepts virtuels. Elle s’intéresse aux lignes qui proviennent du paysage, de lieux communs, de l’architecture et de la nature.

En œuvrant de la sorte, Laurie Girard questionne la place des outils technologiques dans sa pratique et la frontière poreuse entre l’arts visuels et l'arts numériques. Elle croit en une hybridité des matières tangibles (dessin traditionnel) et intangibles (dessin numérique). Elle cherche à instaurer un sentiment de chaos, qui se doit d’être mesuré et maitrisé. L’agencement des motifs qu’elle manœuvre instinctivement est ce qui lui permet de délier ce sentiment de perte de contrôle, pour le transformer en un geste méditatif. Girard envisage le chaos comme un tout, engendré par un besoin d’organisation, de restructuration dans un monde en constante mutation. Elle voit ces motifs comme une trame narrative, une trace engendrée par le temps, le quotidien de chacun ou l’après d’un événement marquant.

 

Les œuvres imprimées de Laurie Girard sont la plupart du temps de grande taille ; le format étant pour elle une manière de rendre l’œuvre vivante. Elle souhaite que le spectateur puisse s’y plonger, y être en immersion.